Se battre pour le changement ou nourrir le statu quo?

Ceux là qui ont intégré la mentalité d’agent de changement ne sont pas des personnes qui se frustre souvent. Ce sont des personnes qui ne se frustre pas parce que les choses sont ou ne sont pas d’une certaine façon ; mais ils ne supportent pas que ceux qui peuvent faire quelque chose –et doivent le faire –restent sans rien faire.

Je me frustre rarement, mais à chaque fois que je ressens une frustration; c’est généralement à cause d’une injustice qui a été faite, une qui se prépare ou une qui doit être réparée.

Cela me fait penser à un évènement qui a marqué ma semaine. Une volontaire WWOOF (World Wide Opportunities on Organic Farms) qui a passé un séjour dans la Ferme Integrée FABIK, à Kondeyah, avait eu a passé une commande d’instruments de musique avec un groupe de jeunes artisans de le centre ville de Kindia. Il se trouvait que la volontaire et moi avions déjà eu cette fameuse et populaire discussion sur l’honnêteté, la transparence et l’intégrité dans les transactions commerciales et les relations personnelles et professionnelles en Afrique. Elle m’expliquais combien de fois il peut être frustrant pour les expatriés d’obtenir entière satisfaction avec les gens qu’ils rencontrent, car la majorité sont prêts à dire « oui, je peux ! » pour des choses qu’ils savent ne pas avoir tous les moyens pour le faire. Ou encore, ils attendent le deadline pour vous dire « je suis désolé, mais votre robe ne pourra pas être prêt à l’heure » ou encore le fameux « Allo ! Je suis en route ; j’y serais dans… humm… 5 minutes » et ils n’arrivent qu’une heure après.

Notre discussion se basait sur le faite qu’elle avait fait une commande spécifique et que les artisans ont accepté cette requête à la commande ; mais à 24 heures du deadline, ils disent que les instruments seront prêts, mais pas « exactement » comme elle le voulait. Malgré son mécontentement de ne pas avoir le produit qu’elle a demandé avec des détails et spécifications bien précis, moi je me suis réjoui du fait qu’ils avaient au moins fini les instruments à temps.

Mais est-ce que cela est suffisant pour induire unchangement de mentalité ? Devrons nous continuer à cautionner cela, parce que la culture et les habitudes de la société font que tout le monde s’attend à ne pas avoir entière satisfaction? Je dis non. Et c’est ainsi, après avoir félicité les artisans pour leur promptitude, j’ai proposé à ce qu’ils fassent un rabais parce qu’ils n’ont pas fait exactement comme ils avaient conclu avec la volontaire. Ils étaient eux aussi frustrés, car le terme « satisfaction du client » n’existais pas encore dans leur dictionnaire et ce n’est pas tous les jours qu’un foté (blanc) se fait rembourser pour un achat.

Cette petite expérience m’amène à penser aux nombres de gens qui sont constamment frustré et anxieux de faire des affaires en Afrique à cause de cette mentalité de « les gens sont toujours en retard, donc je n’ai pas à me presser », « Oui ! Je peux le faire et ce sera fini d’ici la semaine prochaine, Walayi ! » ou encore « Ah ! Je n’ai pas besoin de lui dire tout ; ce qu’il ne sait pas ne le tueras pas ».

Je pense, en tant qu’africain, que nous devons transcender cet état de paresse et d’irresponsabilité vis à vis des engagements que nous prennons en notre nom, au nom de nos familles, communautés, organisations et institutions privées et publiques. Le développement d’un pays, passe obligatoirement par le développement de la conscience, moralité, intégrité et la notion de gestion du temps de ses populations. Si un investisseur n’a pas confiance en ta capacité ou celle de ton gouvernement à respecter, à la lettre, ses engagements, ils ne prendra pas le risque d’investir ou de recommander ta personne ou ton pays à d’autres.

Le mouvement Osez Innover se veut être également un mouvement d’intégrité et de professionnalisme afin d’impulser un changement de conscience et de mentalité, permettant d’arriver à un environnement de confiance entre les différents acteurs de la société.

Osez développer votre intégrité en respectant vos engagements et développer la transparence en disant « Non » aux choses que vous ne pouvez pas accomplir et en vous souciant autant de l’entière satisfaction de vos clients et partenaires que de la rémunération et les opportunités qu’ils vous apportent.
Osez Innover !

Amadou Cissoko (Innovation Man)
Directeur du Movement Osez Innover et du Centre Osez Innover pour l’Excellence en Entreprenariat Social & Développement Humain