Profil d’un entrepreneur social: Fatim Bahh

J’aime les styles de couture africains, les couleurs, les coupures, la complexité et le soin qui va dans la production de chaque pièce. Cela fait partie d10847477_608045462662540_293808939333705932_oe la façon dont je tiens à me présenter au monde. J’étais donc très heureuse de rencontrer Fatim Bah, une entrepreneuse sociale d’origine

guinéenne qui vit à Los Angeles et qui utilise les tissus du pays pour concevoir des T-shirts avant-gardistes. Fatim a bien voulu nous accorder une interview pour le blog d’Osez Innover, et je suis heureuse de partager ses commentaires avec vous ici:

 

Où en Guinée avez-vous grandi? Quand vous êtes-vous installée aux États-Unis?

J’ai grandi à Conakry, la capitale de la Guinée. Mon quartier était Dabondy, à environ 50 kilomètres du centre-ville. J’ai eu le privilège de venir vivre aux États-Unis en Septembre 2000, juste après avoir obtenu mon diplôme d’études secondaires. Cela a été un grand soulagement pour ma famille, surtout pour ma mère, qui a travaillé dur afin que j’obtienne de meilleures possibilités d’éducation et un meilleur avenir.

 

Qu’est-ce qui vous a motivé pour démarrer votre entreprise?

J’ai grandi dans un environnement où l’éducation était une rare option pour les filles. Je savais que je voulais avoir un impact dans ce domaine si jamais l’occasion se présentait. J’ai développé un esprit d’entreprise à un âge précoce, quelque chose que j’ai hérité de ma grand-mère qui avait un commerce de tissage et de teinture. À l’époque, c’étaient des compétences communes chez les femmes en Guinée. Ma motivation est née de ces deux domaines. À l’université, j’ai étudié la mode et le travail social dans le but de fusionner ma passion pour la couture et mon désir d’élargir les possibilités d’éducation pour les jeunes filles.

 

Pourquoi avez-vous choisi de bâtir une entreprise sociale? Comment avez-vous entendu parler de l’entreprenariat social? Comment avez-vous choisi la cause que vous vouliez soutenir?

J’ai étudié la création en couture et le travail social à l’Université d’État de Californie à Los Angeles. J’ai choisi ces programmes d’études parce que je savais que je voulais faire un impact dans ma communauté et dans le monde. Je me suis dit: “quelle meilleure façon de le faire que la combinaison de ces deux passions ?” J’ai beaucoup appris à l’université à propos de l’entreprenariat social, de la socio-psychologie, et sur l’importance de la création d’un réseau de relations. J’ai aussi appris qu’il était important de faire partie d’organisations culturelles telles que l’association des étudiants africains. J’ai appris à récupérer de la littérature, à faire des requêtes de financement, et à gérer la mise en place d’une petite équipe. J’ai choisi l’éducation pour les jeunes filles parce que je voulais soutenir une cause qui me concerne personnellement en tant que femme africaine de l’un des pays les moins instruits au monde.

 

Quel est l’impact social intégré dans votre modèle d’affaires? Pensez-vous faire un impact autre que celui d’un don en argent?

Je suis une créatrice de mode avec une ligne de T-shirt. Mon entreprise a un impact social important puisque une partie des profits est dédiée au soutien de l’éducation des jeunes filles. Ma mission est de se concentrer sur « une jeune fille à la fois »: c’est le système que j’ai essayé avec succès et qui a un impact direct sur ​​les filles qui, autrement, n’auraient pas d’accès à une éducation digne de ce nom. Une autre façon dont l’impact social est intégré dans mon modèle d’affaires est ma collaboration avec des femmes artisanes de la Guinée, avec lesquelles j’achète directement les tissus faits à la main. Ces femmes locales obtiennent à leur tour une chance de gagner un revenu de leur travail. Je crois aussi que lorsque les clients achètent ma ligne, non seulement c’est un bénéfice esthétique, mais ils se sentent également très bien en sachant qu’ils ont eu un impact positif direct sur ​​l’éducation de ces jeunes filles.

 

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans la gestion d’une entreprise sociale, Quelles sont les différences avec une entreprise traditionnelle?

La partie la plus difficile a été de trouver des gens qui croient en votre cause et qui vous font confiance quand vous dites que vous allez faire ce que vous dites que vous allez faire. Comme propriétaire d’une entreprise, la fidélisation des clients et leur satisfaction pour la marque, ainsi que la propagation de la marque avec des amis sur le marché peuvent aussi être des défis. Toutefois, les clients vont développer fidélité à la marque s’ils croient que vous avez un très bon produit et sont convaincus que votre cause est authentique.

 

Comment vous assurez-vous que vos contributions sont dépensés de manière responsable et ont un impact?

Nous travaillons directement avec la communauté, les filles, et les familles pour assurer le succès de notre travail. Notre mission est axée sur «Une Fille à la Fois», où nous suivons le cheminement scolaire individuel et ainsi nous assurons qu’elles sont parrainées. Nous parrainons nos filles avec des matériaux de classe tels que des livres, stylos, uniformes, chaussures, sacs à dos, etc… Au niveau financier, nous payons leurs frais de scolarité tandis que chaque mois, les enseignants et gestionnaires de l’école nous rapportent les progrès éducatifs de nos filles. Je communique directement avec les filles pour confirmer ces progrès et pour répondre à toutes leurs questions. En plus, je suis en mesure de contrôler directement et personnellement le programme parce que je suis souvent en Guinée.

Que pensez-vous du rôle des jeunes dans l’avenir de la Guinée à la fois pour ceux qui vivent en Guinée et à l’étranger?

Je reviens de la Guinée et je peux dire que le rôle des jeunes en Guinée progresse dans la bonne direction, ce qui n’a pas été le cas durant ces dernières décennies. Je crois que nous avons une nouvelle génération qui veut faire une différence, qui veut être éduquée et veut être impliquée au niveau social. Aux États-Unis, nous avons pris conscience que nous pouvons utiliser nos connaissance, notre éducation et nos expériences professionnelles pour avoir un ‘impact sur la prochaine génération. Au-delà de cela, il existe de nombreuses organisations et associations qui peuvent aider à soutenir et faciliter le développement de la jeunesse guinéenne.

 

Quels conseils avez-vous pour les autres jeunes entrepreneurs sociaux?

N’ayez pas peur d’être authentique et allez jusqu’au bout de vos objectifs. Il y a toujours des difficultés dans la vie, soit économiques ou personnelles, mais il ne faut jamais perdre sa foi dans les projets que vous poursuivez.

 

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Profils d’un entrepreneur social est un nouvel espace du blog Osez Innover qui donne à nos lecteurs une chance d’apprendre ce que ça fait de diriger une entreprise sociale à la source. Nous espérons que vous trouverez ces messages informatifs et motivateurs!