L’Histoire d’un Commerçant Guinéen

À l’OsezInnover.com nous focalisons souvent aux possibilités de l’avenir. Qu’est-ce qui pourrait advenir ? Qu’est-ce qui adviendra ? Comment pouvons-nous rendre l’avenir de demain la réalité d’aujourd’hui ? Nous parlons des téléphones cellulaires, le Mobile Money, l’Internet et l’éducation, et le pouvoir de la technologie.

Tandis que toutes ces innovations et tendances sont intéressantes et inspirantes, nous ne devons pas négliger l’histoire. Si la créativité, comme Albert Einstein a dit, n’est rien que savoir comment cacher vos sources, ou, comme Kirby Ferguson a exprimé pendant sa parole au « TED Talks », une reformulation des idées passées, alors il est également important d’examiner les entrepreneurs et les innovateurs de l’histoire. Ces exemples offrent non seulement des sources d’inspiration et direction, mais aussi des idées qui peuvent motiver les solutions aux problèmes les plus pressants ou même créer quelque chose soi-disant « nouvelle ».

Osez Innover cible à inspirer l’innovation et l’entrepreneuriat social ici en Guinée, mais nous ne pouvons pas nier le fait que l’entrepreneuriat existe déjà en Guinée. Les marchés Guinéens sont toujours chargés en offrant les biens et produits qui viennent de la Chine ou même de la Guinée. On a entendu dire souvent des histoires des commerçants guinéens qui ont gagné beaucoup en voyageant à l’étranger. Leurs succès sont indiqué par les villas construits, les enfants à l’étranger, et des flottes des camions de transport. Lorsque l’infrastructure de la Guinée est à un niveau honteux, la fiabilité de leur travail peut être vue à travers la disponibilité constante des articles de consommation, et le flux incessant de trafic des camions.

Un tel commerçant dans ma ville s’appelle Fred (un pseudonyme) qui vende des habits et des tissues ici et à la capitale. Il possède plus que 10 magasins différents et plusieurs villas. Il est l’épitomé d’un commerçant Guinéen qui a eu du succès.

Fred et moi, nous nous somme rencontré pour la première fois à côté de mon carrefour. Au début Je ne me suis pas rappelé de Fred à cause de sa richesse ou son succès (en fait, sa moto et ses habits étaient très normales), mais à cause de son personnalité joviale et son habitude incessant de se moquer de moi et mon niveau de Pular (très bas).

Je ne saurais jamais que Fred est un grand Commerçant sauf pour les chuchotements que j’ai aperçu chaque fois qu’il est passé. Une fois, Fred est venu à mon bureau pour payer un remboursement et après son départ les gens parlaient du nombre de ses magasins et de ses enfants à l’étranger. Les mêmes faits étaient confirmés par mes amis à mon carrefour. Mais que vende-Fred ? Comment gagne-t-il du succès ?

Un jour, j’ai fait un entretien avec Fred pour mieux comprendre sa vie, son succès, et ses luttes. Pour faire l’entretien, j’ai rendu visite à une boutique de Fred au Marché Central. La boutique est petite. Elle n’est pas plus de 2 ou 3 mètres carrés, mais comme beaucoup de boutiques au marché, elle était complètement plein des biens. Aux murs des chaussures, tee-shirts, et jeans étaient tous affichés et plus des biens était bien organisés sur deux tables. Il y a un petit chemin d’un largeur de 15 centimètres entre les deux tables pour que Fred puisse se serrer derrière ses biens.

Quand je suis venu, c’était l’après midi et j’étais bien rassasié mais Fred avait toujours faim. Après m’en offrir, il a commencé à manger de la bouillie de Fonio, citron, et sucre, et à raconter son histoire.

Fred a commencé ses affaires à même temps que Lansana Conté a pris le pouvoir. Comme l’aîné, Fred a eu besoin de quitter l’école en 11ième année pour nourrir sa famille. C’était une décision difficile pour Fred, mais c’était une décision qu’il a eu besoin de prendre.

Ironiquement, cependant, c’était à cause de sa capacité de comprendre les désirs de la jeunesse qu’il a eu du succès. Fred a débuté au monde des affaires en 1984 en vendant du tissue aux ex-camarades de classe. Malgré des petits profits, Fred avait eu des difficultés à se développer. Les créditeurs ne voulaient pas créditer de l’argent à un jeune, et Fred a acheté tous ses entrées en gros dans sa propre ville.

Ce qui a propulsé Fred au succès était un mélange de chance des facteurs historiques et son identification des opportunités au sein de sa communauté. Quand Conté a pris le pouvoir en 1984, il a libéralisé l’économie Guinéenne et encouragé les citoyens à participer au commerce.

Avant cette date, la diversité des habits disponible au marché guinéen était tellement limitée. Les jeans n’étaient pas disponibles, et Fred m’a décrit comment le gouvernement aurait donné des mêmes uniformes à toute la population.

Avec la nouvelle liberté possible avec Conté, Fred a pris l’opportunité de voyager à Monrovia, Libéria au but de trouver des marchandises à vendre lui-même. A Monrovia, Fred a découverte des habits contraires à tout ce qui était disponible à sa ville. C’étaient des habits plus luxes, et plus « cool » pour les jeunes comme les jeans et les tee-shirts. Il savait qu’il a trouvé ce qu’il peut vendre. Chez lui, Fred est devenu le premier commerçant de vendre ces types des produits. Sans concurrents, Fred a réalisé rapidement un grand bénéfice pour qu’il puisse assurer une éducation complète pour ses enfants. Parmi ses 14 enfants, il a déjà envoyé 2 en France et 2 autres au Sénégal.

Selon Fred, le commerce est devenu plus difficile depuis son début. Bien que l’économie soit toujours libéralisée, l’instabilité politique a rendu des affaires plus difficiles. L’inflation guinéenne a créé des problèmes au niveau de l’achat des produits à l’étranger, et l’importation de produits est toujours difficile à cause de la corruption et les douanes. En plus, la Guinée reste parmi les payées les plus pauvres du monde, et ses consommateurs payent difficilement pour les produits à un marché avec plus des concurrents.

Néanmoins, Fred est enthousiaste par rapport à la prochaine génération des entrepreneurs guinéens. Quels désirs ou besoins satisferont-ils ? Pour ces entrepreneurs, Fred donnerait deux points de conseil. D’abord, il dirait, que l’éducation formelle est en train de devenir plus en plus importante dans le monde des affaires guinéennes. Donc on doit terminer ses études. En même temps, il y a beaucoup de compétences qu’on ne peut pas apprendre dans une salle de classe, et Fred les encourage à entreprendre une entreprise même pendant leurs études.

-Ibrahima Diallo (Abraham Chen)