Les mots à la mode et le jargon

Les taux d’intérêts à court-terme n’ont pas bougés sur ces deux dernières années (dans le monde développé) et les rendements d’obligations d’états  ont approchés leurs plus bas niveaux. [1]

La saison passée, l’arrêt-court a affiché un OPS de 0,777 en 124 matchs et joué la défense-plus.  [2]

Le GS5 fonctionne à l’Android 4.4 KitKat, avec la dernière interface de marque déposée de TouchWiz qui renforce le système d’exploitation avec des fonctions additionnelles. [3]

Chaque industrie utilise un vocabulaire branché ou une terminologie obscure.  La vérité est que nous les rencontrons quotidiennement.

En réalité, les mots à la mode et le jargon faussent la façon dont on perçoit et comprend un monde en constante évolution.  De mon expérience, je crois que cette tendance est particulièrement  délicate et dangereuse dans le monde du développement. Un très bon article qui traite les dangers du jargon débute avec ceci :

La construction de capacités multisectorielles, en considération des disparités entre homme et femme, facilite l’échange du savoir et engage les parties prenantes à un développement écologique inclusif. [4]

Évidemment, cet exemple représente un extrême de l’utilisation de formules ronflantes, mais vous voyez ce que je veux dire.

Après deux ou trois ans de travail dans le secteur du développement, il devient presque seconde nature d’utiliser ces rhétoriques flamboyantes.  Nous employons ces mots à la mode lorsque nous rédigeons des subventions, passons un entretien d’embauche, et faisons des présentations.

Néanmoins, il faut noter que bien que notre argot professionnel nous permette de communiquer aisément avec nos « parties prenantes », il a tendance à exclure tous les autres.  Le problème est que ce jargon limite l’accès au savoir aux érudits et bien lotis en le rendant incompréhensible au reste du monde.  Je ne pense pas que cela est un acte conscient mais les choses sont ainsi faites.

Dans tous les domaines de travail sur le développement, que ce soit la micro-finance, l’assainissement, ou l’entreprenariat social, de nombreuses personnes sont affectées par différents projets.  Un changement est en train de s’opérer pour les bénéficiaires de ces projets qui prennent de plus en plus l’initiative de comprendre leurs communautés, de déchiffrer et trouver des solutions à leurs problèmes.  Ils ne se contentent plus d’accepter les résultats de ces projets qui les impliquent, mais s’engagent activement dans le processus.

À Osez Innover, le but de notre blog est d’inspirer les entrepreneurs Guinéens et d’ailleurs.  Ils font autant partie de ce projet que nous.  Comment est-ce que quelqu’un peut comprendre ce que nous essayons de faire si nous continuons à utiliser un langage secret?

Désormais, je pense qu’il sera important d’être conscient du verbiage plein de punch et des slogans lapidaires de notre secteur.  C’est pour cela que cet article blog n’est pas seulement dirigé aux entrepreneurs, mais à toutes les organisations de développement.

Il faut que l’on se concentre sur la déconstruction de ce code secret.  Cela ne veut pas dire que nous devons nous abstenir d’exprimer la substance de notre pensée, mais il faut être certain que notre vocabulaire ne deviennent pas un obstacle pour les personnes que nous essayons d’aider et qui essaient de s’en sortir.

Faisons avancer les choses!

– Chris

Les citations prises de:

  1. “Sound the retreat,” The Economist, April 26, 2014, 68
  2. http://bleacherreport.com/articles/2070174-stephen-drew-to-red-sox-latest-contract-details-analysis-and-reaction
  3. http://www.cnet.com/products/samsung-galaxy-s5/
  4. http://blogs.adb.org/blog/jargon-hurts-poor