LE “DESIGN-THINKING” : UN PROCESSUS DE POINTE POUR LE CONTEXTE DU DEVELOPPEMENT AFRICAIN

J’ai eu le privilège de passer les deux dernières semaines avec notre nouvelle équipe au Benin. Notre mouvement est en pleine expansion; nous avons développé de nouveaux partenariats et une formation en “design thinking”.  Apres avoir vécu 2 années en Guinée, je pensais connaitre les pays francophones d’Afrique de l’Ouest. Je devais cependant visiter le Bénin pour découvrir d’autres aspects de la vie africaine: les taxis-brousse, les commercants ambulants, les embouteillages, et la nature tropicale. Il fallait que je vienne car en travaillant avec les béninois et leurs partenaires du Corps de la Paix, j’ai noté qu’en surface, les deux pays ont beaucoup de similitudes, mais il y a plusieurs différences socio-économiques à prendre en compte. Ces differences entre la Guinée et le Benin impacteront sans doute la logistique et les conditions d’éducation de notre programme. Je suis advantage convaincue que notre approche d’integration du marché à travers l’aide de partenaires locaux est la bonne stratégie mais je me sens moins une “experte” sur l’environnement Ouest-africain. Afin de mettre l’accent sur l’importance des approches adaptées et du “smart design”, je voudrais souligner les 3 raisons qui font du “design thinking” un élément essentiel du contexte africain.

1. L’Afrique compte 54 pays et encore plus de marches économiques

Il est impossible de mettre en place une stratégie d’integration de marché standard pour l’ensemble du continent. En plus des diversités de culture et de langues, chaque pays connait un développement économique qui lui est unique. Bien que tous les indices de développement placent le Bénin devant la Guinée et que l’accès à l’électricité à Cotonou rend le fonctionnement d’une entreprise plus facile, les ressources minières de la Guinée offrent davantage d’accès aux investissements étrangers privés. Il serait difficile de déterminer où un commerce serait le plus rentable. Les indices de développement ne prennent pas en compte les réelles complexités des marchés. Pour avoir un projet économique fructueux en Afrique, il faut connaitre chaque marché et développer une stratégie de performance pour chacun d’entre eux.

2. L’Afrique connait un développement à saute-mouton

Il est pratiquement impossible de trouver une bonne ligne téléphonique fixe en Guinée mais la majorité de la population, des rues de la capitale aux villages de la sous-région, à un téléphone portable. Les solutions occidentales d’antan ne seront pas appropriées pour le futur de l’Afrique. En se reposant sur le “design thinking”, des solutions novatrices émergent qui adressent les besoins et recouvrent les opportunités des marchés qui sont ciblés. En posant des questions telles que : “comment pourvoir un accès public à l’Internet ?” Au lieu de déveloper un service de distribution Internet à la fibre optique dans tous les domiciles africains, des solutions plus optimales pour les communautés africaines peuvent être mises en place.

3.Le “design-thinking” est un processus qui marche

Une technologie adaptée; pour moi, c’est une expression trop chargée. Au mieux, elle force les acteurs économiques à se limiter par des contraintes mais elle conduit, au pire, à l’utilisation de modèles inéfficaces. L’Afrique représente l’avenir en termes de population, de ressources, et de de développement. Si nous devons participer à la maximization de ce développement africain, nous ne pouvons pas nous contenter de technologies adaptées mais nous devons proposer des technologies de pointe. Le “design thinking” représente l’un de ces processus de pointe qui prospère grâce à un environnement de contraintes. Il ne nécessite pas un réseau d’autoroutes ou une infrastructure industrielle élaborés. Ce système ne se nourrit que d’un esprit novateur et le continent African regorge de cette ressource.