La Connaissance: Une Ressource sans limites

Le système éducatif Guinéen ne fonctionne pas très bien. Lorsque j’étais encore volontaire du Corps de la Paix en Guinée de 2011 à 2014, j’entendais des histoires d’autres volontaires qui enseignaient dans des salles de classe pléthoriques de centaines d’élèves en même temps. De plus, un nombre significatif d’enseignants Guinéens étaient régulièrement absents de leurs classes ou enseignaient avec une pédagogie fondée sur la mémorisation des cours et des données. En 2010, le taux de Guinéens qui savaient lire et écrire était estimé à 41%. C’est ainsi que nous les membres d’Osez Innover, disons que la ressource la moins exploitée en Guinée est la ressource humaine.

C’est possible qu’il y ait des gens qui diraient que cette situation indique que les approches et idées qu’Osez Innover emprunte des grandes universités américains ne sont pas pertinentes pour la Guinée. Comment les jeunes guinéens peuvent comprendre ces nouvelles approches à l’innovation au moment où la grande majorité de ces jeunes n’ont pas maitrisé les concepts fondamentaux d’une éducation secondaire américaine.

Récemment j’ai fait connaissance du Bard Prison Initiative (BPI ou l’Initiative Prison de l’Université de Bard) aux Etats-Unis. Un programme qui travail avec les jeunes prisonniers de l’état de New York. Une population qui fait face à d’énormes défis et qui manque d’un bon niveau d’éducation formelle. Selon une étude on estime que 19% des adultes en prison ne peuvent ni lire ni écrire par rapport à 4% de la population générale des Etats Unis (Karpowitz et Kenner, 2001).

Fournir une éducation de base en prison est quelque chose de commun aux Etats-Unis. Mais ce qui rend le BPI différent, c’est que le programme offre une éducation universitaire complète et identique à ce qui est enseigné à l’Université de Bard, l’institution d’éducation universitaire prestigieuse qui gère le BPI. C’est à dire que le BPI propose aux prisonniers le même niveau d’éducation que les étudiants qui ont eu du succès au lycée et qui ont été admis à l’Université de Bard.

Les résultats sont impressionnants. Bien que 40% des prisonniers de New York commettront un crime après avoir quitté la prison, il n’y a que 4% des prisonniers qui ont complété le BPI qui font encore un crime après la prison. Ces taux ne sont pas uniques au programme du BPI mais plutôt parallèles aux autres programmes similaires. Ces résultats restent toujours convainquant, surtout après avoir contrôlé le biais de sélection, et d’autres facteurs importants (Karpowitz et Kenner, 2001).

Un programme universitaire peut sembler être une approche couteuse pour faire face à des taux d’incarcération élevés. Mais ces programmes réduisent les coûts de la prison en aidant les prisonniers qui complètent leur détention à rejoindre leur communauté avec du succès. En fait l’état de New York doit dépenser USD 60 000 par an par prisonnier. Par contraste, le programme BPI ne coûte que USD 5 000 par prisonnier par an.

Osez Innover croit également qu’on doit exploiter efficacement les mêmes approches des institutions universitaires américaines dans des contextes divers. La connaissance est une ressource qui peut réussir par tout et pour tout le monde. A Osez Innover, nous partageons nos connaissances avec les individus qui sont les mieux placés à les utiliser pour transformer la Guinée. Ils s’agissent la prochaine génération des entrepreneurs guinéens.

Karpowitz, Daniel, and Max Kenner. Education as Crime Prevention: The
Case for Reinstating Pell Grant Eligibility for the Incarcerated. New
York, 2001. http://www.bard.edu/bpi/images/crime_report.pdf