Emergence de L’entrepreneuriat Comme La Solution

Durant ma dernière année à l’université, j’ai pris un cours intitulé “Économie en Afrique”. Mon professeur, un ancien officier de service extérieur, croyait fermement que les aides financières apportées par d’autres pays et organisations finiraient par résoudre les problèmes du continent africain. Il expliquait en détail les effets positifs des mesures mises en place par le FMI et la Banque Mondiale. D’après lui, il suffisait d’exécuter ces formules. Les autres étudiants ne montraient pas beaucoup d’intérêt sur le sujet mais je me souviens avoir eu de longs débats avec mon professeur. Décennies après décennies, ces organisations internationales ont mis des programmes de développement en place sur le continent africain. Chaque décennie, ces programmes échouent et il devient nécessaire pour ces organisations d’ajuster leurs politiques de développement. Je n’ai jamais compris cette ingérence néfaste de ces organisations internationales sur le continent africain qui n’ont jamais pu définir une politique de développement fructueuse. J’ai appris deux choses avec ce cours:

1) L’économie est le poumon de toute société. J’ai toujours été attirée par le domaine du développement économique. D’autres secteurs comme la santé publique, l’éducation, l’instruction civique et les résolutions de conflit sont très importants mais je suis convaincue que le réel impact social passe par la réalisation du potentiel économique des populations.

2) J’ai compris que toute politique économique imposée par un pays ou une entité comme la Banque Mondiale n’aurait aucun impact positif pour les pays concernes.

Je suis devenue un membre volontaire du développement économique communautaire du Peace Corps américain en 2011. Affectée en Guinée, j’ai vite compris les conditions précaires du pays. Les populations se lancent dans l’entrepeuneuriat de force parce qu’il n’y a pas d’emploi. L’aversion au risque est très élevée et les formations dans le domaine des affaires ne sont pas de qualité. Le tout apporte de faibles taux de profits ainsi qu’un cycle ininterrompu de pauvreté. J’ai aussi observé que les aides extérieures ont créées un environnement indolent et ne permettaient pas la promotion d’un esprit d’entreprise fort en Guinée. Mes découvertes spirituelles ont durées deux ans ce qui m’a permis de mettre en contexte mes théories sur le développement économique africain. C’est dans ce contexte que mon équipe a créé Osez Innover, une organisation qui passe par l’entrepreneuriat social pour palier aux problèmes économiques. Cette optique permet aux populations de générer des emplois et des revenus durables tout en apportant un changement positif dans leurs communautés. Osez Innover supporte la jeunesse guinéenne à travers une formation qui forge leur esprit d’initiative et leur permet d’échapper au chômage.

J’ai eu le plaisir récemment de communiquer avec Carlyla Dawson qui travaille avec Beads for Life (BFL), une organisation qui aide les femmes à trouver des opportunités de travail durables en Ouganda. Elle m’a explique que les difficultés économiques que j’ai observées en Guinée sont les mêmes partout en Afrique. Nous avons évoqué le manque d’éducation, d’idées novatrices, mais surtout le fait que les populations avaient peu d’estime en eux. Le succès majeur de BFL est que l’organisation raffermit la confiance des femmes qu’elle encadre et leur permet de créer des entreprises qui les aident à subvenir à leurs besoins familiaux. Nous avons aussi parlé des limitations des aides extérieures qui empêchent le développement économique des populations. Leur solution est la même que la nôtre: le renforcement des capacités entrepreneuriales, le parrainage, le support financier permettent aux citoyens de contrôler leur statut économique. BFL finance 98% de ses activités à travers la vente de produits crées par les femmes qui participent au programme.

BFL a un plan d’expansion internationale qui vise à utiliser cette formule à travers des partenariats avec d’autres organisations et entreprises privées.

Et la liste de ces partenaires potentiels est longue.

D’après Carlyla Dawson, BRAC, l’une des plus importante organisation de développement dans le monde a publié un rapport montrant que ses activités n’étaient pas productives. Plusieurs organismes internationaux de micro-crédit font le même constat également. Toutes ces organisations cherchent à intégrer le renforcement des capacités entrepreneuriales dans leurs programmes. BFL va démarrer un projet pilote de “formation des formateurs” en Janvier prochain en accord avec plusieurs entités en Amerique Latine, en Inde et en Asie du Sud-est.

Le monde semble se réveiller et réalise l’importance de l’entrepreneuriat social.

Mes conversations avec les experts dans le domaine raffermissent la foi que j’ai dans les activités d’Osez Innover. Nous sommes à la pointe de ce mouvement international qui renvoie le pouvoir économique vers le citoyen. Avec le savoir, l’expertise et le support financier, les populations des pays sous-développés créent des entreprises durables qui changent leurs communautés. Nous faisons partie de ce changement en Guinée.

Osez Innover est dans une période d’expansion similaire. Tout en prônant le développement durable et l’entrepreneuriat social, notre organisation veut elle-même pratiquer ce qu’elle prône pour devenir stable financièrement. Nous cherchons à partager ce que nous avons acquis comme expérience ces dernières années. Nous voulons aussi promouvoir l’échange des idées et des ressources qui catalysent l’entrepreneuriat social. Nous avons à coeur de participer a l’épanouissement de ces ressources qui servent de solutions durables dans le monde entier.

Wiatta Thomas  RPCV 2011-2014