Développer le cercle de l’entrepreneuriat féminin

Madame Juliette Camara a démarré son entreprise d’impression en 1990 dans deux petites salles à Conakry. La première salle lui servait de bureau et de salle d’accueil, et la deuxième était consacrée entièrement à sa première imprimante qui était une machine d’occasion. Son mari n’avait pas approuvé de sa décision de commencer une entreprise alors qu’elle occupait un poste dans le gouvernement guinéen, mais au cours d’un voyage en Belgique, Madame Camara a rencontré une femme chef d’entreprise et propriétaire d’une imprimerie, et depuis ce moment là, elle ne pouvait rester sans démarrer ses propres affaires.

Le début était très lent, et dès qu’elle s’est consacrée à temps plein à son entreprise, son mari et ses anciens collèges se sont moqués d’elle en l’appelant « la femme d’impression ». Elle a commencé son entreprise avec un autre employé, un mécaniste pour l’imprimante, mais à elle seule, elle occupait tous les autres rôles : agent marketing, caissière, et comptable. Elle a appris le métier au fur et à mesure et elle s’est développée dans le domaine.

Ensuite la chance a frappé à sa porte. Elle avait toujours exploité ses contacts dans le gouvernement à fin de gagner des petit projets comme l’impression des cartes de visite ou des brochures, mais pendant les années 1990 le gouvernement Guinéen a annoncé une campagne nationale qui s’appelait « la Loi Fondamentale ». A travers son expérience professionnelle, son réseau social, et sa réputation, Madame Camara a gagné le contrat gouvernemental de l’impression des brochures de la compagne, mais les brochures étaient très compliquées à élaborer et la date limite était presque intenable. Elle n’avait que trois semaines pour terminer la tâche.

Elle a reconnu rapidement que sa petite entreprise ne suffirait pas, mais elle n’a pas permis cet obstacle de l’empêcher de prendre avantage de cette opportunité. Elle connaissait l’importance de respecter les délais de son contrat, alors elle a fait un agrément avec des opérateurs d’une autre imprimerie pour utiliser leurs imprimantes pendant la nuit. Comme ça, elle pouvait éviter de payer l’autre entreprise pour la main d’œuvre et les matériaux, et elle pouvait fournir sa propre compétence et attention au travail afin d’assurer un haut niveau de qualité.

Pendant les semaines qui ont suivie, Madame Camara a très peu dormi. Chaque jour après la fermeture de son activité, elle partait à la deuxième imprimerie pour faires les impressions toute la nuit durant. Son travail et son optimisme lui ont rapporté du succès, et elle a complété la tâche à temps. Les autorités et son mari étaient très impressionnés et l’accomplissement a motivé son mari à lui acheter deux autres imprimantes européennes. De plus, son entreprise est devenue parmi les entreprise d’impression les plus respectées en Guinée.

Aujourd’hui Madame Camara dirige l’entreprise d’impression la plus grande en Guinée : NIK Imprimerie qui emploie 225 travailleurs dans un bâtiment construit à Kaloum grâce au revenue de l’entreprise et a repris la plus grande imprimerie du pays, l’imprimerie Patrice Lumumba. La Nouvelle Imprimerie de Kaloum (NIK) travaille toujours avec les grandes organisations comme l’ONG Population Services International, Sobragui, et l’état.

Maintenant, les ambitions de Madame Camara sont au delà son entreprise. Depuis des années, elle s’est appliquée dans le cadre de la formation, l’autonomisation, et l’incitation d’autres à devenir femmes entrepreneurs, et elle a travaillé avec plusieurs organisations entrepreneuriales comme l’Association de Femmes Chefs d’Entreprise, qu’elle mène comme présidente. En fait, lors que j’ai interrogé Madame Camara, nous attendions l’arrivé des plusieurs autres femmes qu’elle conseille dans le cadre de l’entrepreneuriat, et quelques semaines avant, Madame Camara a rencontré une femme entrepreneur qu’elle a aidé des années en arrière. Maintenant cette dame a un restaurant à Kindia.

Il semble que la carrière de Madame Camara a complété un cercle. Une conversation avec une femme chef d’entreprise belge a été le catalyseur, et maintenant Madame Camara initie les mêmes conversations à Conakry, en incitant un mouvement d’entrepreneuriat feminin dans son pays natal.

-Ibrahima Diallo