2015: L’Année de l’Afro-capitalisme

L’entrepreneuriat n’est pas un concept nouveau en Afrique. En Guinée, je ne pouvais pas sortir de chez moi sans voir plusieurs entrepreneurs vaquant à leurs affaires d’une manière ou autre – cela pouvait être un enfant en train de vendre des oranges au bord de la route, ou un jeune homme gérant la boutique du coin, en fournissant la recharge solaire pour les téléphones mobiles dans le quartier.

Ce qui a plutôt fait des vagues est l’idée de « l’Afro-capitalisme », c’est-à-dire, « le processus de transformation de l’investissement privé en une ressource sociale. » Comme l’a noté Zain Verjee dans un récent commentaire, la fondation de Tony Elemu en a fait son fer de lance et fait une promotion efficace de l’afro-capitalisme sur l’ensemble du continent. Pour toutes fins pratiques, l’afro-pitalisme à sa base et l’entrepreneuriat social proviennent de la même vision – elle est de bien faire pour soi en étant un pourvoyeur de bien pour sa communauté. Redéfinir l’entrepreneuriat social africain comme l’afro-capitalisme, souligne ce que nous savons déjà chez Osez Innover : le continent est une véritable pépinière de talent entrepreneurial et innovateur qui ne demande qu’à se mettre en marche pour créer un impact unique sur le monde.

Aujourd’hui, le monde a finalement remarqué cette effervescence africaine  – le magazine ‘The Economist’ a récemment écrit sur cette nouvelle tendance afro-capitaliste :

« L’impact transformateur de la croissance économique déclenchée par une classe d’entrepreneurs socialement consciente et pleinement habilitée, éclipsera les résultats obtenus par l’approche précédente axée sur l’aide au développement de l’Afrique. »

Ce potentiel économique est réel et il est immense. En 2010, McKinsey a publié les rapports intitulés « Lions on the Move. » Dans ce document, ils ont montré comment « dans un large éventail de pays et de secteurs, il y avait une poussée de croissance qui a placé le continent comme un leader sur le marché émergent à l’échelle mondiale – une position qu’il continue à tenir depuis plus de quatre ans. » Les entrepreneurs sociaux à travers le continent sont prêts à exploiter ce vaste potentiel économique pour l’amélioration de leurs communautés, et la réduction des pressions sociales.

Bien que leurs potentiels de transformation ne soient pas limités aux secteurs d’entreprise ou aux besoins sociaux, ils ont le pouvoir de modifier profondément la façon dont le monde voit et interagit avec les Africains, ses dirigeants et ses pays.

« Lors du sommet américano-africain tenu à Washington, DC, en Août, Takunda Chingonzo, un entrepreneur en technologie de 21 ans du Zimbabwe, a suscité la promesse d’un réexamen par le président Barack Obama en lui présentant les impacts négatifs des sanctions américaines sur les entrepreneurs de son pays. M. Chingonzo prouvé ce jour-là le potentiel de changement du jeune entrepreneur africain dans la balance économique mondiale. »

Le potentiel de changement est clair. Le capital humain et l’esprit d’entreprise sont prêts s’enflammer. Alors, comment pouvons-nous aider à susciter et alimenter ce feu?

Grâce à nos programmes de formation sur l’entrepreneuriat social, le mentorat, l’incubation d’entreprises, et une campagne de médias mobiles, le mouvement d‘Osez Innover est un exemple à l’appui de l’afro-capitalisme. Quoique un élément souvent négligé et pourtant vital pour favoriser un tel potentiel, la création d’un réseau et d’une communauté solides sont un important aspect de ce développement économique. Comme le Dr James Manyika l’a récemment noté dans son article en ‘How We Made it in Africa’, « L’Afrique a besoin de plus de ‘validateurs’ pour ses nombreux entrepreneurs. »

Peu importe comment vous faites l’étiquette de la notion d’entreprise sociale en Afrique, de l’utilisation de solutions à base des affaires pour résoudre les problèmes sociaux, il est clair que: 1) c’est la solution la plus viable et la plus durable au développement et à l’égalité économique pour l’Afrique ainsi que le reste du monde et 2) 2015 est l’année fixée pour voir ces flammes briller.

Comme je l’ai déjà dit dans mon article :

Je vous laisse avec ces encouragements – Trouvez la flamme qui vous anime, puisez de l’énergie dans vos frustrations face aux inégalités et attisez vos ambitions pour allumer un grand feu porteur d’espoir et de changement ! Vous n’êtes pas seuls ! Bienvenue dans notre communauté. Qu’allez-vous oser faire ?